Un groupe féministe a-t-il encore lieu d'exister de nos jours?
texte distribué sous forme de tract en guise de présentation du groupe
Une femme peut-elle se promener seule le soir sans longer les murs? Attache-t-on
autant de valeur aux propos d'une femme qu'à ceux d'un homme? Une femme
peut-elle parler de sexualité féminine? Une femme peut-elle être
autre chose qu'une mère, une épouse, un tour de poitrine, ou une
pseudo-'femme libérée"? Une féministe est-elle forcément
une "frustrée"?
Mais pourquoi choisir la non-mixité? Tout d'abord, mixité
ne signifie pas égalité, des rapports de force entrent évidemment en compte et,
même si ceux-ci ne sont bien sû pas totalement absents des discussions
entre femmes, il semble néanmoins qu'un espace réel de discussion soit favorisé
par la non-mixité.
Ce groupe de discussion non-mixte nous permet de partager des expériences qui
nous sont communes en tant que femmes et d'aborder certains problèmes
que nous jugeons sinon étrangers aux hommes du moins plus lointains. La non-mixité
nous permet de plus d'avoir une réflexion plus approfondie car parlant de faits
que nous vivons au quotidien, nous n'avons pas à nous justifier ou à
revenir sur des états de faits pour nous comprendre et progresser.
La non-mixité est donc pour nous un espace de compréhension, d'échange et de
réflexion sur les comportements féminins et masculins. Cependant elle n'est pas
une fin en soi mais plutôt une étape pour réfléchir aux moyens de lutter contre
le sexisme, pour parvenir à une réunion des hommes et des femmes dans l'action
contre le patriarcat et pour atteindre précisément une mixité plus égalitaire.
Enfin, nous pensons que la lutte contre le sexisme n'est pas seulement celle des
femmes mais également celle des hommes en tant qu'acteurs d'une société ou
perdure le sexisme. Cette lutte rejoint bien évidemment pour nous toute lutte
contre l'oppression d'une classe contre une autre (dans le cadre de notre lutte
contre le sexisme, la lutte contre l'homophobie est par exemple pour nous
primordiale).